Histoire de la natation, évolution des nages...

I Histoire de la natation.

La natation apparaît environ 150 ans avant JC, à cette époque, l'activité aquatique était liée à l'activité humaine. A la préhistoire l'homme est confronté à l'eau (nage, pêche ou encore pour des raisons purement hygiéniques!)
Nous pouvons observer que l'homme prête attention au milieu aquatique bien avant l'an 0, grâce à des peintures ou autres traces récurrentes.

Selon les périodes les pratiques aquatiques varient. Elles peuvent être ludiques, hygiéniques, militaires (les Vikings étaient un des premiers peuples à utiliser l'eau pour pratique militaire). Mais aujourd'hui cette pratique est aussi sécuritaire (obligation en France pour les écoles du second degrés d'apprendre à nager à leurs enfants). Et pour finir sportif, car l'homme depuis le début de son ère à toujours eu besoins de se confronter aux autres.

On note au moyen âge que les peuples européens ont peurs de l'eau, car il y a des épidémies et l'homme craint la propagation de ces maladies. Donc il se confronte peu à l'eau. C'est donc pour nous à cette époque un "milieu hostile".


II Les dates importantes.

Pour pouvoir passer d'une pratique aquatique à une pratique sportive, l'homme a due évoluer et les mentalités aussi. Cliquez: ici, pour pouvoir accéder à l'historique de la natation.

III Evolution des techniques de nage.

Descriptions de techniques de nages utilisées au XIXème et dans la première partie du XXème Siècle :

(Extraits de « la natation » de Paul AUGE, dans les sports modernes illustrés ; et de Thierry Terret dans Techniques sportives et Culture Scolaire)

La Coupe :

A plat ventre, tête émergée, le nageur lance en avant le bras droit étendu dans toute sa longueur, puis il ramène les bras vers les hanches, chassant vigoureusement l’eau avec la plante des pieds, avant d’exécuter le même mouvement avec le bras gauche.

Nage sur le côté ou marinière :

Cette nage ressemble à la coupe mais s’exécute sur le côté. Le bras inférieur est tendu en avant pour mieux couper l’eau. Le bras supérieur aide à l’impulsion des jambes en se portant à chaque fois avec force le long du corps et d’avant en arrière. La marinière est très rapide et peut être soutenue assez longtemps mais le nageur ne voit pas devant lui.

English Side Stroke :

Cette « brasse sur le côté » se complexifie vers 1840 en accentuant la perte de symétrie dans les mouvements de bras. L’un travaille davantage en poussant et l’autre en traction (retour sous-marin). Le corps est incliné (tête hors de l’eau) et les jambes passent d’une gestuelle de grenouille à un ciseau qui coince l’eau entre elles.

Over arm Stroke : (coup de bras par dessus)

C’est une variante de la nage précédente avec un retour aérien du bras qui est devant (moins de résistances).

Le trudgeon :

Combinaison de la brasse avec le retour alternatif des deux bras (style coup de poing). Le nageur prend appui sur tout l’avant bras pour tirer le corps à lui. Les mouvements de bras ne sont accompagnés que d’un faible mouvement des jambes ressemblant à une ondulation corps à l’oblique. Le corps est moins incliné que pour les nages précédentes mais les contraintes respiratoires qu’il crée font qu’il n’est utilisable que sur de courte distance.

Le double over arm stroke :

C’est l’évolution qui suit et implique la reprise du ciseau coincé de l’over arm stroke accompagné du trajet alternatif des bras du Trudgeon.

La double brasse :

Les mouvements de bras sont à peu prés semblables à ceux du Trudgeon mais le rôle des jambes est plus important. Elles accompagnent l’un des mouvements de bras. Nage un peu plus horizontale que le Trudgeon et qui combine le travail des jambes et des bras et donc qui est moins fatigante.

Crawl :

C’est l’évolution suivante, qui élimine le ciseau et le remplace par un battement, très fléchi au début partant du genou mais qui se transforme pour partir de la hanche.

L’apparition de la natation sportive en France :

A la fin du XIXème siècle, influencées par la sportivisation des pratiques physiques en Angleterre, les pratiques en France, pourtant de tendances hygiénistes ne tardent à faire apparaître des manifestations ou la natation a des finalités sportives (comparaison et dépassement). Ainsi apparaît la notion de performance chiffrée, record, gain symbolique. De cette manière, les techniques se différencient selon les types d’épreuves proposées. La brasse par exemple n’est plus utilisée que pour les distances longues ; l’over arm stroke, le trudgeon sont des techniques plus rapides et donc privilégiées pour les courses plus courtes, de vitesse.

A la fin du XIXème siècle se mettent en place des fédérations, en France la commission natation de l’USFSA(union des sociétés françaises de sports athlétiques créé en 1889) reprend les règles établies par l’A.S.A. (amateur swiming association) anglaise.

La FINA(fédération internationale de natation amateur) est créée en 1908. Elle fixe l’universalité des règles et des organisations de la natation. Elle définit le terme amateur : « ne peut courir pour de l’argent, ne doit pas tirer bénéfice de la pratique de la natation, ne doit pas rencontrer un professionnel, ne peut être ni enseignant ni entraîneur.

Lors de la dissolution de l’USFSA en 1920, une multitude de fédérations voient le jour. Pour la natation, apparaît principalement la fédération française de natation et de sauvetage (FFNS) qui se dissoudra en 1938 pour donner la FFN. Le sauvetage ayant sa propre fédération.

Le règlement :

Le premier règlement écrit par la FINA en 1908 est tiré de l’ASA britannique et jusqu’à la 2ème guerre mondiale, les choix seront une concession des règles de l’ASA et de L’USFSA. Ainsi on voit apparaître des épreuves tirées de l’athlétisme tel que le 100m.,le 1500m., les relais par équipe ou selon les conditions locales et matérielles 400m., 100m. dos, 200m. brasse. Cependant il n’y a que très peu de précisions sur les techniques employées.

Le programme des jeux olympiques de 1908 à 1956 :

- 100m., 400m., 1500m., 4 x 200m. Nage libre

- 100m. dos

- 200m. brasse

Les précisions et les contraintes techniques vont apparaître surtout après la seconde guerre mondiale avec l’apparition de nouvelles techniques et donc de nouvelles épreuves.

Evolutions réglementaires des techniques de nage :

Le crawl est la seule nage non réglementée par la FINA, elle est utilisée pour les courses de nage libre. Cette souplesse de règlement est maintenue afin de laisser libre cours à l’innovation de nouvelles techniques de nage. Aujourd’hui encore, la seule contrainte imposée est liée à l’immersion qui est limitée à 15 pris à la tête après le départ et les virages.

Le terme crawl (ramper) vient de nageurs australiens qui, pour améliorer le double over arm stroke ont remplacé le mouvement de jambe par un battement alternatif partant du genou. Puis, Duke KAHANAMOKU, un américain, transforma le même battement en le faisant partir de la hanche (années 1910). Johnny Weissmuller, en 1922, « cassa » la barre de la minute au 100m. nage libre. Il révolutionna cette nage et la natation en général en commençant à rythmer la respiration sur les mouvements propulsifs des bras. Transformations qui impliquent une nage beaucoup plus hydrodynamique et limite donc les résistances à l’avancement.

Pour le Dos, le règlement ne changera qu’en 1989 pour limiter les immersions beaucoup trop longues après le départ et les virages (jusqu’à 35m.) ; l’immersion est alors limitée à 10m. pris aux pieds. En 1991 elle sera limitée à 15 m ; pris à la tête .Une autre modification apparaît, c’est l’autorisation de se mettre en position ventrale au moment du virage et de toucher le mur avec n’importe quelle partie du corps (modification liée à la difficulté de juger certains nageurs lors des virages semi-culbutés pratiqués jusque là).

Historiquement, Harry HEBNER est le premier à passer du dos brassé au dos crawlé (mouvement alternatif des jambes) en 1912.

La brasse est la nage la plus contraignante du point de vue réglementaire (lié essentiellement à l’obligation de symétrie permanente dans le temps et l’espace, d’émersion de la tête à chaque cycle ). En 1957, après la distinction avec le papillon, il y a quasi-obligation de couper la surface de l’eau en permanence avec une partie de la tête ( mesure prise contre l’utilisation quasi exclusive de la brasse sous-marine jugée dangereuse). Un rappel est également fait sur l’obligation de la symétrie et la simultanéité de la nage. En 1987, autorisation est faîte d’aller sous la surface à partir du moment où la tête coupe la surface à chaque cycle. En 1991, les bras peuvent couper la surface (le retour peut donc être en partie « aérien », mais ils ne doivent pas dépasser la ligne des hanches (sauf au départ et au virages).

Le Papillon est issu d’une largesse de l’ancien règlement de la brasse (non-obligation d’un retour des bras en immersion).

En 1926, Erich RADEMACHER, un allemand, utilise le papillon brassé lors des derniers mouvements d’une épreuve de brasse (retours aériens des 2 bras). En 1933, l’Américain Henry Meyers nage dans un style que l’on nomme « butterfly ». En 1946, la FINA distingue les 2 styles de nage (brasse/ papillon) en interdisant le passage de l’une à l’autre nage au cours d’une même épreuve. En 1953, la FINA officialise définitivement des épreuves distinctes et interdit le ciseau de brasse en papillon. En 1956, le papillon est officialisé comme un nouveau style de nage. En 1998, la dernière évolution implique une limite d’immersion après les départs et les virages de 15m. pris à la tête.

Bibliographie :

­Auge Paul , La natation, in Le sport moderne illustré, Paris, Larousse,1905.

­Chollet Didier, Natation sportive Approche scientifique, Paris, Ed.Vigot,1997.

­Terret Thierry ,Savoir nager. Une histoire des pratiques et des techniques de la natation,in Techniques sportives et Culture Scolaire sous la direction de P. Goirand et J. Metzler,Paris, Ed. Revue EPS.

­Coll. d’auteurs, in Utopistes…nageons !, Contre Pied N° 7,Paris,Revue du centre national d’étude et d’information « EPS et Société »

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